Édition 2020

Face au morcellement du travail, il faut redonner pouvoir et dignité aux travailleurs

By 25 mars 2021 No Comments

Débat inversé

Intervenants

Florence Aubenas
Laurent Baumel
Odile Chagny
Diana Filippova
Olivier Guivarch
Jérôme Pimot

Animateur

Arthur De Grave

Enjeux du Débat : atomisation des formes d’emploi, du travail, d’entreprendre, les inégalités grandissent, un meilleur équilibre des pouvoirs doit être trouvé.

 

Propositions

1 – Au-delà de la Loi Pacte, augmenter la représentation des travailleurs dans la gouvernance des entreprises, y compris dans les réseaux de franchises et les PME/TPE

Les enjeux sont colossaux : entreprises durables et responsables, prise de décisions mieux partagée pour ne pas que les exigences du capital fassent de plus en plus supporter aux travailleurs le risque d’entreprise, mal-être au travail… En somme, œuvrons à la démocratisation de la sphère économique, allons vers la co-détermination dans les entreprises et l’association des parties prenantes au partage de la valeur.
Les entreprises françaises, à la traîne par rapport aux Allemands – y compris dans l’ESS, pourraient s’aligner sur l’Allemagne en matière de représentation des travailleurs dans les conseils d’administration : 1/3 pour les entreprises de moins de 2000 salariés et ½ dans les entreprises de plus de 2000 salariés.
Par ailleurs, il est indispensable d’intégrer les réseaux de franchise à de telles dispositions.

2 – Encourager et faciliter la négociation collective chez les travailleurs indépendants (TI) en dérogation au droit de la concurrence communautaire

A l’heure d’une atomisation du travail, notamment en raison de l’émergence du travail dit « para-subordonné » (travailleurs des plateformes), la possibilité de négociation collective des TI, formes classiques et nouvelles, doit être réaffirmée. Pourquoi ? Parce que le droit de la concurrence communautaire juge que ces négociations collectives peuvent constituer une entente faussant le jeu de la concurrence. Or, confrontés à des protections insuffisantes et des règles concurrentielles qui les empêchent, les droits des travailleurs indépendants doivent être renforcés. En effet, le jeu concurrentiel européen ne saurait supplanter la nécessité d’un dialogue social renforcé, d’autant que ce dernier constitue un instrument clef du développement des droits sociaux en Europe et d’une économie respectueuse de l’Humain. Ainsi, à l’instar de la décision rendue par le Comité européen des droits sociaux en 2018 et en s’appuyant sur les récentes initiatives syndicales en la matière, il est urgent de reconnaître le droit des travailleurs indépendants à la négociation collective, et même d’inciter à sa protection par des mesures positives, et ce, en dépit de la législation européenne en matière de concurrence !

3 – Mettre en place dans toutes les entreprises un plan de revalorisation des bas salaires et encadrer les écarts de rémunération

La pandémie de Covid-19 a rendu visible le caractère vital de métiers mal rémunérés et remis au premier plan la nécessité de partager équitablement le fruit du travail.
L’échelle des salaires est un choix profondément politique qui traduit l’échelle de valeur d’une société. La démesure dans la concentration des richesses génère des modes de vie incompatibles avec un développement soutenable, y poser une limite ouvre la voie à un rééquilibrage avec d’autres sphères de l’existence.
Partager équitablement la valeur et le fruit du travail, c’est permettre de soutenir l’économie productive, plutôt que d’alimenter les bulles spéculatives sur les marchés financiers.
Plafonnons les rémunérations de 1 à 10 dans les entreprises et soutenons un modèle de croissance et de société qui finance l’avenir.
Affirmons le lien entre justice sociale et économie durable.

 

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